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 Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]

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Akiko Strömblad
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MessageSujet: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Dim 1 Mar 2015 - 0:13



J'avais oublié la douce odeur de l'air...

Les flocons dansaient autour d'elle dans une valse violente, malmenés par le vent hurlant avec force, dans un ciel d'un gris sale. A nouveau, elle réprima un tremblement,enveloppant avec plus de soin encore son corps frêle dans sa cape en polaire d'un rose rassurant et lumineux tout en fixant sans un mot, sans un soupir le gigantesque portail qui venait de se dresser fièrement devant elle, accompagné d'une lueur aveuglante et pourtant si...réconfortante? Oui, c'était bien le mot, c'est du moins ce que ressentait Akiko tout au fond d'elle. Elle se sentait soudain apaisée, elle qui se croyait sur le point de se briser en morceaux, elle qui voulait enfin en finir avec cette vie malheureuse... la peine et la colère s'étaient dissipées pour laisser son coeur en paix. Enfin...

Elle sentait ses doigts devenir de plus en plus durs, réticents à chaque mouvement qu'elle tentait de leur faire effectuer, de même pour tout le reste de son enveloppe charnelle qui, de par sa fragilité apparente, ne résistait que guère au froid nordique. Ses cheveux avaient perdu de leur belle couleur flamboyante pour se teinter d'un blanc irréel, recouverts d'une épaisse couche de neige et son visage, griffé par les bourrasques malignes du vent, semblait figé en une expression mêlant joie et espoir tandis que ses yeux larmoyants fixaient cette grille magnifique. Usant de ses dernières forces, avançant lentement vers ce passage en ayant la cruelle impression de ne jamais parvenir jusqu'à elle, la jeune fille eut un faible sourire avant de se laisser happer par cette porte menant sans doute au Paradis, poussant un dernier soupir avant de se laisser bercer par la mer de l'inconscience.

~~~~

Tiens, jamais elle n'aurait imaginé que les nuages soient si durs, ni qu'ils aient une telle odeur de terre humide! Peut-être qu'elle n'était pas au Ciel finalement?! Elle n'avait pas dû être assez gentille dans sa vie antérieure pour y entrer... Non, définitivement, ce n'était pas le Paradis.

Ouvrant lentement les yeux, ses mains crispées sur ses vêtements encore recouverts d'une mince couche de neige -qui avait sans doute dû fondre à en juger par l'humidité du tissu-, la rouquine resta un instant au sol, son visage crispé en une expression de stupeur tandis qu'elle tentait d'analyser du mieux qu'elle le pouvait tout ce qu'il venait de lui arriver: la neige, le froid, l'impression de ne plus contrôler ses membres, ses doigts devenus bleus, le vent qui manquait de la faire tomber à chaque pas, l'envie de mourir...juste de mourir....Et puis le portail.... Tout se mélangeait dans sa tête, les évènements perdaient leur chronologie initiale pour reformer toute l'histoire selon leur bon désir, lui donnant la cruelle impression de ne se souvenir de rien, plus rien, si ce n'est l'impression de suffoquer.
Sentant ses poumons la rappeler à la réalité -si réalité il y avait- et lui réclamer un tant soit peu d'oxygène pour continuer de fonctionner, la suédoise inspira avec force en toussant avant de tenter de se relever, de se redresser du moins, espérant avoir retrouvé le total contrôle de ses membres.

Lentement, elle posa ses mains contre le sol froid -et pourtant bien agréable, composé de pavés uniformément serrés-, concentra toute sa force sur ses bras et parvint non sans difficultés à s'asseoir, profitant de sa nouvelle position pour scruter le monde dans lequel elle venait de pénétrer: aux premiers abords, il ne ressemblait ni à la Suède, ni à d'autres pays connus et était baigné dans une atmosphère étrangement paisible. A en juger par la nudité assumée des arbres et l'absence de couleurs dans le paysage, cet endroit devait être plongé dans un hiver prenant doucement fin, le soleil brillant avec ardeur dans l'azur du ciel en étant témoin irréfutable. Pas un cri, pas un son, un monde calme et rassurant,une terre d'attente avant d'entrer dans l'au delà où la jeune file se sentait enfin libre de ses mouvements, délivrée de ses entraves... N'était-ce pas d'ailleurs la première fois qu'elle goûtait à ce fruit qu'on nommait "liberté", un fruit appétissant qu'elle avait sacrifié trop de fois pour être dénombrées auparavant?

Avec toutes les précautions du monde, comme un enfant qui apprend à se lever et craint de tomber au moindre pas, la rouquine entreprit de se redresser, s'appuyant fébrilement sur ses genoux pour finalement réussir à se porter sur ses deux pieds, gardant ses bras dressés de chaque côtés de son corps pour garder l'équilibre. Elle esquissa un, deux, trois pas puis cessa de compter, un sourire ravi aux lèvres: si elle avait su que marcher de la sorte lui procurerait autant de joie, elle l'aurait fait bien avant!
Elle profita de cette nouvelle posture pour retirer sa cape en polaire, trop humide à son goût, et la tapota doucement dans l'idée de retirer du tissu chaque petite particule de neige, répétant le même processus avec ses cheveux qu'elle dénoua, secoua un peu pour défaire de ses mèches les flocons froids qui les collaient pour ensuite les nouer de nouveau en deux nattes bien serrées, ne souhaitant pas être ennuyée par une mèche rebelle pendant son expédition.

Ceci fait, Akiko se mit à scruter chaque tronc d'arbre, chaque brin d'herbe, chaque parcelle de ciel bleu comme si jamais encore elle n'en avait vu de pareil, humant à pleins poumons cet air frais à l'odeur si particulière et propre à l'hiver, son visage illuminé par un rictus joyeux qui n'aurait pas manqué d'en étonner plus d'un. Elle ressemblait à une petite fille émerveillée devant un grand sapin de Noël, les yeux si brillants qu'il n'aurait pas été stupide de croire qu'une boîte entière de paillettes s'y était déversée! Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas eu une telle expression...vivante? Oui, c'était bien le mot.

"-Ouah..." laissa-t-elle échapper dans un soupir d'extase, "C'est...incroyablement beau..."

En vérité, ce monde avait l'air tout ce qu'il y a de plus normal, du moins dans son aménagement et son architecture mais il avait au goût de la suédoise cette petite chose qui le distinguait des autres et qui lui plaisait. Et dans sa contemplation intense, la jeune fille ouït cependant des bruits de pas étouffés dans son dos, la faisant se retourner vivement, un regard suspicieux adressé à celle qui s'était glissée derrière elle. Se méfier, toujours se méfier, elle le savait pourtant! N'importe qui pourrait l'attaquer dans le dos à tout moment sans en éprouver un soupçon de culpabilité!

"-Qui est là?!" s'écria-t-elle à l'intention de la personne l'épiant, fixant les arbres et le chemin qu'elle venait d'emprunter avec attention, prête à réagir au moindre geste suspect.  



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Eva Johansen
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Mar 3 Mar 2015 - 15:48

Cela faisait désormais quelques temps qu'Eva était arrivée à Etiopia. Et si elle avait commencé à s'habituer à cet endroit, le mystère qui entourait cette ville était encore épais. Pourquoi arrivaient-elles dans cette ville? Pourquoi n'y avait-il que des jeunes femmes? Pourquoi arrivait-il que certaines personnes la confonde avec la Maire de la ville? Beaucoup de choses restaient encore dans une sorte de nappe brumeuse, dont la logique lui échappait encore. Mais tout cela la poussait à essayer d'en savoir encore et toujours plus, sa curiosité prenant le pas sur la simple prudence.

De ce fait, deux raisons la poussait à arpenter régulièrement la zone d'arrivée du portail : la première était, bien sûr, de faire bon accueil aux nouvelles, et tant qu'à faire, leur apporter les soins nécessaires. En effet, elle avait vite compris que toutes les jeunes femmes arrivant par ici avaient au moins un point commun : elles était, à minima, en état de choc, et, parfois, physiquement affaibli, voire sérieusement blessée. Aussi, en tant que membre de l'équipe soignante, elle considérait comme son devoir de prendre en charge les nouvelles arrivées le plus tôt possible.

La seconde raison était plus égoïste : elle espérait réussir à récupérer des informations supplémentaires sur ce qui les faisait arriver par ce portail. Et le meilleur moyen d'en apprendre plus était d'interroger le plus d'arrivantes possibles. Peut-être qu'à force, elle arriverait à obtenir des réponses.

Aussi Eva ne fut-elle pas le moins du monde surprise lorsqu'une nouvelle jeune femme débarqua au travers de ce portail. Comme à son habitude, elle la laissa d'abord se remettre de son arrivée. Le temps de lui laisser le temps de récupérer, de comprendre où elle se trouvait, de reprendre ses esprits. Elle en profita pour l'étudier de loin : si elle n'avait pas l'air blessée, elle était arrivée couverte de neige - neige qui avait eu vite fait de fondre. Il fallait dire qu'il faisait toujours doux sur Etiopia. Sa façon de se coiffer et la couleur de ses cheveux l'orienta rapidement vers une jeune femme du Nord. de Suède, de Norvège ou de Russie peut-être. Mais cela n'avait guère d'importance : pour une raison inconnue, elles se comprenaient toutes, quel que soit leur nationalité d'origine ou les langues qu'elles savaient parler. C'était un autre mystère qui entourait Etiopia.

Quand la jeune femme sembla s'être remise, Eva s'avança alors vers elle. Devant sa réaction agitée et la méfiance qui perlait de sa voix et de son regard, Eva comprit très vite qu'elle n'était pas encore tout à fait remise. Ce qui se comprenait parfaitement, quelles que soient les épreuves qu'elle avait traversé avant d'arriver ici. Aussi, après avoir déposé son sac à côté d'elle, Eva lui présenta la paume de ses mains et un sourire chaleureux et bienveillant, pour tenter de la rassurer.


"N'ai pas peur, personne ne te fera du mal ici. Tu es en sécurité, désormais."

Lui laissant le temps de digérer l'information quelques secondes, Eva lui sourit à nouveau, prenant alors une expression et une voix qui se voulait engageante.

"Je m'appelle Eva. Eva Johansen. Et je suis infirmière, ici, à Etiopia. Et je te souhaite la bienvenue parmi nous."

Lui laissant à nouveau un peu de temps pour digérer les informations qu'elle lui a donné, Eva s'agenouilla doucement à côté de son sac, duquel elle extirpa une serviette douce et une couverture chaude. Elle avait pris cette habitude depuis quelques temps - c'était fou le nombre de jeune femme qui arrivait, cet hiver, transie de froid ou glacée jusqu'aux os. Il était donc important de faire en sorte qu'elles n’attrapent pas de mal, si possible.

"Tiens, essuie-toi et réchauffe-toi, c'est pour toi. Si tu veux bien, je vais t'emmener dans un meilleur endroit, où tu pourras te réchauffer et te changer. Il ne faudrait pas que tu tombes malade."

Eva comptait bien entendu l'emmener d'abord à l'hôpital, pour lui faire passer quelques examens de routine. Deux précautions valaient mieux qu'une.
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Akiko Strömblad
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Mar 3 Mar 2015 - 19:15



J'avais oublié la douce odeur de l'air...

Alors qu'elle attendait fébrilement une réponse à sa question, redoutant de se retrouver face à une personne mal attentionnée, la suédoise fut bien étonnée en se retrouvant nez à nez avec une demoiselle à peine plus jeune qu'elle et dont les longs cheveux roses égayaient et réchauffaient ce paysage hivernal terne. Pourtant, forte de ses expériences passées, Akiko ne baissa pas sa garde, analysant les moindres faits et gestes de son vis-à-vis qui, après avoir posé son sac -visiblement rempli- sur le sol humide, s'était mise en tête de la rassurer: doucement, elle lui avait présenté ses mains, sans doute pour lui assurer qu'elle ne cachait rien de dangereux pouvant lui porter atteinte, avant de lui assurer d'une voix douce qu'elle ne devait pas avoir peur et qu'ici, plus personne ne pourrait lui faire de mal. Ah, vraiment? La rouquine avait du mal à la croire: même quand elle rentrait chez elle, l'endroit devant être le plus rassurant pour un enfant, il y avait toujours quelqu'un pour la heurter...alors ici, dans ce monde inconnu?! Au contraire, c'était le meilleur endroit pour la déchiqueter!

Tout en resserrant ses bras contre sa poitrine, tentant de la sorte de se protéger de ses idées noires mais aussi de se rassurer, comme si son corps eut été un nounours qu'une petite fille serrerait dans ses bras pour se consoler, elle observa sans rien répondre aux sympathiques paroles la demoiselle lui sourire gentiment: ah...elle avait le même sourire qu'elle.... Cette ressemblance -un sacré coup du destin, soyons honnête!- ne fit que la troubler d'avantage, la plongeant dans un mutisme sans doute alarmant, puisque son interlocutrice enchaîna en se présentant en tant qu'Eva Johansen -une norvégienne visiblement, à en juger par la consonance de son nom-, infirmière à ce qu'elle appelait "Etiopia".
Etiopia? Alors c'était le nom de cet endroit étrange? Oui, c'était bien ce éici" qu'elle avait dénommé ainsi. Drôle de nom à vrai dire, Akiko n'avait pas l'habitude d'entendre des noms aussi....faciles à prononcer. Bien sûr, en tant que suédoise de souche, elle n'avait jamais eu de mal à lire les noms de villes les plus compliqués, bourrés d'accents, mais les avait toujours trouvés difficiles pour les étrangers -et cette impression s'était renforcée lorsqu'elle entendait des touristes écorcher les noms ou se plaindre de ne jamais savoir comment dire tel ou tel mot-.

Revenant à la réalité, s'obligeant à cesser de voguer à travers d'innombrables souvenirs, elle remarqua alors que la rose s'était accroupie pour farfouiller dans son sac afin d'en retirer une serviette en éponge et une couverture visiblement chaude avant de les lui tendre, lui informant qu'elle pouvait les utiliser pour s'essuyer et se réchauffer. Ce geste, bien que purement professionnel, fit s'empourprer la rousse: c'était bien la première fois que quelqu'un se montrait aussi attentionné, aussi prévenant vis à vis d'elle. Aussi, craignant que cette attention ne se représente pas de si tôt, elle s'avança d'un pas décidé pour s'emparer de la serviette, recouvrant ses cheveux encore mouillés et les frictionnant timidement: elle avait une bonne odeur de propre, c'était vraiment agréable.

"-C'est gentil, merci." sourit-elle avant d'enrouler ses mains recouvertes de stigmates dans la serviette chaude, "Ca fait vraiment du bien..."  

Tout en lui souriant, Eva lui proposa ensuite de l'emmener ailleurs, là où elle pourrait se changer et se mettre à son aise. Tiens, excellente idée, il allait bien falloir qu'elle trouve un endroit où loger dans ce nouvel endroit. Elle pourrait décemment passer une ou deux nuits dans un hôpital -même si elle les avait en horreur- mais ensuite, il lui faudrait trouver son petit chez elle rien qu'à elle.

"-Où voulez vous m'emmener? Personnellement, j'aimerais trouver un endroit où dormir, autre qu'un hôpital...y aurait-il une résidence ou des appartements où je pourrais louer une chambre?"

Elle imaginait qu'il y avait sans nul doute des logements à disposition dans ce monde ci et qu'elle pourrait sans difficulté trouver un travail afin de subvenir à sa future vie indépendante...de toute façon, il allait bien falloir qu'elle trouve un moyen de gagner de l'argent, rien ne devait être gratuit ici et il allait bien falloir qu'elle prenne sa vie en main.
Forte de ses nouvelles résolutions, elle retira de ses mains -qui avaient retrouvé leur belle couleur pêche sur laquelle ses stigmates blancs ressortaient avec plus de netteté qu'auparavant-  la serviette dans laquelle elle les avait enveloppé pour la rendre avec reconnaissance à sa bienfaitrice, la déposant gentiment dans sa paume :

"Merci encore, Mademoiselle Johansen... Ca va vraiment mieux maintenant! Je me sens en pleine forme!"

Elle accentua ses propos en adressant à Eva un large sourire espiègle, gardant au creux de ses mains celle de son interlocutrice, impatiente d'en découvrir un peu plus sur "Etiopia", un endroit qui se révélerait surement bien plus surprenant qu'il n'y paraissait en apparence.



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Eva Johansen
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Mer 4 Mar 2015 - 0:02

Si au début, la méfiance était encore de mise, celle-ci finit par disparaître devant l'offre de s'essuyer, se sécher et se réchauffer que venait de formuler Eva. Pour autant, la nouvelle venue ne se montrait guère ouverte à la discussion, et encore moins curieuse. Chose qui donna à Eva l'envie de soupirer. Encore une à qui elle va devoir soutirer les vers du nez! Car si certaines nouvelles se montraient extrêmement bavarde et ceux, de leur arrivée, racontant en moins d'une demi-heure l'ensemble de leur vie depuis leur naissance jusqu'à leur arrivée jusqu'ici, si ce n'est plus, et en passant parfois par l'index du chapitre, d'autres se montraient très refermées et il était difficile de leur extirper ne serait-ce qu'un seul mot de leur histoire avant de disparaître elle ne savait trop où. Ce qui l'étonnait le plus, c'était les personnes qui arrivaient et qui se montraient dès le début très terre-à-terre, pas le moins du monde curieux de cet endroit. Et la jeune femme devant elle faisait manifestement partie de cette catégorie. Aussi Eva décida-t-elle de la "tester", pour voir si ses suggestions et sous-entendus seraient suivis de questions, voire de questionnements. Ce qui ouvrirait peut-être les vannes à une véritable discussion.

"Oh! Ne t'inquiètes pas pour tout cela, tout arrivera en temps et en heure. Pour le moment, le plus sage reste tout de même de se rendre à l'hôpital, pour voir si tu es en bonne santé. A moins que je découvre quelque chose de grave, ça sera juste une petite visite de routine. Je m'occuperai personnellement de toi, si cela te convient. Oh, et tu peux m’appeler Eva."

Tout en lui souriant gentillement, Eva espérait bien que la jeune femme validerait sa proposition. Après tout, elle pourrait parfaitement décider de préférer rencontrer un médecin. Mais cela impliquerait qu'elle ne répondrait sans doute pas aux interrogations d'Eva, ce qui ne lui plairait guère.

Quand celle-ci eu finit de se sécher et lui tendit à nouveau la serviette, les stigmates qu'elle portait sur les mains n'échappa pas à Eva. Pour autant, elle n'en dit rien : si elle lui fournira un baume cicatrisant une fois à l'hôpital, elle ne la questionnerait guère à ce sujet, à moins que sa vis-à-vis souhaite en parler. Le passé était le passé, et certaines ne voulaient plus en entendre parler après être arrivée sur Etiopia. Chose qu'elle comprenait parfaitement.

Rangeant alors la serviette dans son sac, Eva se redressa alors vers la jeune rousse et, en souriant et en levant légèrement la main, elle lui demanda doucement.


"Tu permets...?"

Eva avait remarqué qu'un petit épi s'était formé dans les cheveux de la jeune femme rousse. Bien sûr, elle aurait pu le laisser en place tel qu'il était, mais elle ressentait une irrépressible envie d'entrer en contact avec sa fraiche vis-à-vis, même un court instant. Après tout, elle était plutôt mignonne dans son genre, et cela ne faisait de mal à personne de se montrer prévenante.

Une fois l'affaire réglée, Eva ramassa ses affaires et emmena la jeune femme avec elle en direction de l'hôpital. Tout en essayant de l'inciter à poser des questions, dans le but qu'elle se confie plus ouvertement à elle.


"Tu verras, il y a pleins de trucs bizarres à Etiopia... Tiens, par exemple, j'espère que tu n'as rien contre les filles? Car il n'y a que ça, ici. Pas un seul homme. Et on est toutes arrivées par ce même portail. Va savoir pourquoi."

Sa question n'avait rien d'innocent. Si Eva avait des soupçons sur un certain nombre de points, elle cherchait encore confirmation auprès des nouvelles arrivées. Et le point relié au fait de n'avoir "rien contre les filles" était subrepticement une de ses théories les plus récentes.
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Akiko Strömblad
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Mer 4 Mar 2015 - 23:28



J'avais oublié la douce odeur de l'air...

A toutes ses questions quant aux possibilités de trouver un logement et à son désir de trouver au plus vite un endroit où dormir et vivre, la jeune Eva répondit calmement que tout ceci arriverait en temps et en heure pour ensuite souligner qu'il serait bien plus sage pour le moment de se rendre au centre hospitalier afin de faire subir à la suédoise une petite batterie de tests médicaux, histoire de vérifier que tout était bien en place dans ce petit corps frêle. Sans doute parvint-elle à distinguer dans les grands yeux azurés de son vis-à-vis un soupçon de réticence puisqu'elle lui assura de suite qu'elle s'occuperait d'elle, si cela lui convenait. La rousse acquiesça sans rien dire, un chaleureux sourire rehaussant son minois pâle, de même lorsque sa camarade lui intima de l'appeler Eva. C'est vrai, "Mademoiselle Johansen" devait sans doute sonner trop cérémonieux aux oreilles de la concernée, Akiko ne s'en était pas rendue compte auparavant: après tout, ses parents lui avaient sans arrêt répéter qu'il fallait se montrer polie, respectueuse, correcte avec des inconnus, qu'importe leur âge, elle ne faisait donc que tirer profit de ces enseignements. Mais bon, puisqu'elle était autorisée à l'appeler par son prénom, elle n'allait pas s'en priver.

Lorsqu'elle lui rendit sa serviette, se permettant de surcroît un petit geste amical -sans doute pour lui assurer que son silence n'était en rien preuve de son hostilité envers elle-, la rousse remarqua que sa cadette avait furtivement fixé ses mains recouvertes de traces blanches sinueuses -mais assez esthétiques étrangement, ressemblant presque à vagues déchaînées- sans pour autant la presser de questions, contrairement à tout ceux qu'elle avait côtoyé auparavant ou parfois même seulement échangé quelques mots. Et tout y allait! Accident, tatouage, scarifications, maladie de la peau, personne ne parvenait à croire que ces stigmates plutôt agréable à l'oeil s'étaient formés à même la peau alors qu'elle n'était encore qu'un fétus fragile. Et pourtant...quel intérêt aurait-elle à mentir sur ce sujet?
Se promettant d'assouvir la curiosité de la demoiselle plus tard, elle retint cependant un sursaut en voyant sa main se dresser lentement au dessus de sa tête pour ensuite se poser sur ses cheveux, les coiffant légèrement du bout des doigts, tout sourire. Evidemment, ce geste affectueux fit rougir de toutes ses joues la nordique, peu habituée à une telle prévenance.

Ceci fait, Eva reprit la parole, affirmant qu'il y avait à Etiopia bien des choses étranges, lui demandant ensuite si elle n'avait rien contre les filles puisque ce monde semblait en être exclusivement peuplé. Sérieusement?! Ca, pour être bizarre, c'était bizarre! Cet endroit était vraiment dénué d'hommes? Bien qu'Akiko se soit découverte bisexuelle quelques temps avant d'arriver ici -et donc se réjouissait d'une part de pouvoir pleinement s'assumer dans un monde qu'elle espérait plus ouvert d'esprit-, elle devait bien avouer qu'elle était curieuse de voir comment tournait un univers entièrement dominé par des femmes. Peut-être était-il mieux en de nombreux points? Elle aurait tout le temps de le découvrir.
Un autre détail fit tilter la rouquine: toutes ces femmes étaient arrivées par le même portail? Celui qui lui était apparu dans cette tempête de neige pour la tirer de l'enfer? Celui là même qu'elle croyait relié au paradis? Mais pourquoi? Et surtout comment? Sur quels critères toutes les habitantes d'Etiopia avaient-elles choisi pour renaître en ce lieu, pour recommencer tout à zéro? Il y avait un lien entre elles toutes, Akiko comprise, et cette dernière était singulièrement décidée de trouver lequel. Aussi, dans l'idée de soutirer de plus amples informations à sa camarade, elle déclara:

"-Sans doute parce qu'elles sont attirées jusqu'à lui par quelque chose...A mon avis, toutes ont.. non, nous avons un lien qui nous unit les unes les autres, toi et moi comprises. Mais de là à dire de quel lien il s'agit....ça peut être une attirance particulière, une expérience ou un...sentiment?"

Se surprenant elle même à en arriver à cette conclusion, elle resta un instant muette, réfléchissant à la possibilité qu'elle venait de soulever: un sentiment? Oui, ça pouvait être tout à fait plausible au final. Les sentiments étaient bien les seules choses que les êtres humains avaient en commun, seule variait leur intensité... Mais dans l'ensemble, ils restaient identiques d'une personne à une autre.

"-Je me souviens que le portail m'est apparu alors que j'étais au seuil de la mort, complètement ravagée par le désespoir... j'avais envie de mourir, juste de mourir pour enfin être libérée...et c'est lui qui est venu pour réaliser mon dernier voeux. J'avais l'impression rien qu'en le regardant que ma douleur s'amenuisait... Etrange n'est ce pas?"

Elle fixa avec gentillesse son interlocutrice, un rictus agréable aux lèvres, tentant de donner l'illusion que tout ce qu'elle lui contait là n'avait plus aucune importance pour elle alors qu'elle restait en vérité troublée par tout ce qu'elle racontait, ayant du mal à croire qu'elle s'était introduite dans un monde parallèle avec autant de simplicité. Ca relevait de la science fiction ou, au mieux, des romans fantastiques! Elle avait beau être une artiste et avoir une imagination un peu déglinguée par moment, elle avait un mal fou à cautionner cette bizarrerie, à l'imaginer réelle. Et pourtant, elle se surprenait à prier pour qu'elle ne soit pas limitée au domaine du rêve, que cette libération tant attendue ne soit pas fictive, qu'elle n'allait pas finalement se réveiller dans son lit, dans sa chambre, au milieu des hurlements de son frère, des remontrances de sa mère...oh non, pitié, tout mais pas ça!

"-Mais en tout cas..." reprit-elle en souriant d'avantage, ses yeux parcourant le paysage qui l'entourait, "Je n'imaginais pas qu'il existait un endroit aussi beau que celui ci... c'est tellement paisible.., tellement irréel...Rien à voir avec l'endroit d'où je viens!"

Tout en soulignant ce détail, elle réalisa enfin qu'elle ne s'était toujours pas présentée! Eh bien, pour quelqu'un qui se prétendait bien élevée, c'était raté!

"-Oh zut!" s'exclama-t-elle en se frappant le front, une mine dépitée peinte sur le visage, "Avec tout ça, j'ai complètement oublié de me présenter! Ce que je suis tête en l'air! Je suis Akiko Strömblad, je viens de Suède mais ça, j'imagine que tu l'auras deviné à mes vêtements et mon physique typiquement nordique!"

S'approchant de sa camarade, elle vint lui prendre doucement la main, la serrant avec tendresse dans la sienne:

"-Enchantée, mademoiselle l'infirmière!"



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Eva Johansen
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Ven 6 Mar 2015 - 23:03

Le résultat de ses petites remarques dépassa ses espérances : non seulement cela sembla dégivrer la situation entre elles, car son interlocutrice s'adressait désormais ouvertement à elle, mais elle s'interrogeait désormais sur ce sujet et lui fournit des informations utiles. Ainsi, elle était arrivée à la même conclusion qu'elle : il devait y avoir un, voire plusieurs points communs entre toutes les jeunes femmes qui arrivent ici. Restait à savoir lesquelles.

Finalement, l'histoire d'Akiko - car tel était son nom, comme l'appris Eva une fois que celle-ci se soit finalement présentée - était relativement banale. Comme un certain nombre de jeunes femmes arrivées ici, elle était passée près de la mort, elle était ravagée par le désespoir. Il y avait aussi cette histoire de libération, qui, elle, était beaucoup plus commun - comprenait Eva elle-même dans le lot, chose qu'elle se garda bien de dire. Si elles étaient amenées à parler plus en détail dans le futur, peut-être lui en parlerait-elle, mais sur le moment, Eva ne jugea pas cela pertinent. Après tout, il s'agissait d'abord et avant tout d’accueillir ici Akiko et de la mettre la plus à l'aise possible. C'est pourquoi, tout en répondant à ses sourires, Eva se contenta d'appuyer ses réflexions, sans chercher à apporter des informations supplémentaires sur ce sujet.


"Oui, il est possible que cela soit lié à un sentiment particulier. Mais il doit y avoir sans doute d'autres choses. Après tout, avec toutes les guerres et les massacres dans le monde, il doit y avoir des milliers de gens désespérés à chaque instant. Ce n'est pas pour autant qu'ils arrivent ici. Il doit donc y avoir... D'autres trucs."

Quoi qu'il en soit, Eva prit la route pour accompagner Akiko jusqu'à l'hôpital pour lui faire passer quelques examens de routine. C'était une autre bonne occasion pour en apprendre plus sur Akiko en attendant de l'accompagner jusqu'à l'hôtel pour y découvrir sa chambre.
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Sam 7 Mar 2015 - 23:13



J'avais oublié la douce odeur de l'air...

A sa présentation tardive, Eva ne répondit seulement qu'en souriant avec sympathie, afin sans doute de montrer qu'elle avait assimilé toutes les informations qu'elle venait de recevoir, sans même prendre la peine de reprocher à son interlocutrice son manque de correction et sa visible tendance à l'étourderie -ce que la demoiselle apprécia par ailleurs-. Puis sans rien ajouter, la rose s'avança sans doute dans la direction de l'hôpital, puisqu'elle avait soulevé auparavant la question de faire subir à sa camarade divers examens médicaux afin de bien vérifier que tout allait bien -son corps du moins- et qu'elle n'avait pas besoin de rester alitée, au bons soins des médecins. Ayant consenti à se soustraire à ces contrôles qui, elle devait l'avouer, l'ennuyait plus qu'autre chose, Akiko lui emboîta alors le pas dans un silence religieux, les talons de ses bottes d'hiver claquant sur le sol tandis qu'elle reconsidérait calmement toutes les informations qu'elle avait reçu sur cet endroit mais aussi sur les critères sur lesquels les demoiselles le peuplant étaient choisies.

Comme l'avait souligné sa cadette, il était impossible que la sélection soit basée sur un seul critère, à savoir le désespoir: avec tous les fléaux survenant impitoyablement sur Terre et frappant sans distinction aucune, des milliers d'individus devaient souffrir le martyr et être plongés dans une désolation obscure...et pourtant tous ne se voyait pas autoriser à pénétrer en cet Eden. Réduire donc l'apparition du portail à un sentiment ressenti durant une période sombre de sa vie ne suffisait donc pas et remettait en question la formation même de la population d'Etiopia: pourquoi donc les hommes ne pouvaient traverser le portail, si le seul critère du désespoir suffisait à le faire apparaître? Pourquoi une femme était jugée apte à être sauvée et pas une autre? Non, décidément, il y avait des choses plus profondes, plus mystérieuses encore qu'Akiko se promis d'éclaircir à l'avenir.

Son attention inévitablement se porta sur sa guide: alors comme ça, elle aussi était arrivée par cette grille étrange? Aux premiers abords, elle avait cru qu'elle était une native d'Etiopia, de par son attitude assurée, avenante et sa visible connaissance des lieux...et pourtant, elle avait été à une époque aussi perdu que la rouquine, se demandant où elle était tombée, si tout ceci était ou non réel... A cette pensée, la curiosité de la suédoise s'en retrouva piquée, tant et si bien qu'elle eut grand mal à la faire taire, ne souhaitant pas poser des questions qui ne la regardait pas et qui rendrait son interlocutrice mal à l'aise. Après tout...le passé doit parfois rester passé et sombrer dans l'oubli. Faire resurgir des souvenirs malheureux n'était clairement pas une solution pour recueillir des informations et assouvir sa soif de curiosité.

"-Dis moi Eva....Pourquoi tu es arrivée ici toi?"

Bon, pour la finesse et la retenue, on repassera. Mais après tout, c'était la meilleure façon d'en apprendre plus sur sa mystérieuse compagnie. Et si il fallait d'abord lui raconter toute sa vie avant afin de la mettre en confiance alors après tout, pourquoi pas!

"-Je veux dire...comment était ta vie d'avant?"

A vrai dire, Akiko espérait que son vis-à-vis ne s'offusque pas d'une telle franchise et de ses questions assez déplacées, elle devait bien avouer qu'elle appréciait bien cette petite infirmière, qu'importe que son attitude ait été dictée par un pur sentiment professionnel. Aussi, même si elle souhaitait avant tout en savoir plus sur elle par pure curiosité que par réel intérêt, elle devait bien avouer qu'elle appréhendait la réaction de son interlocutrice. De fait, c'est avec un peu d'embarras qu'elle se résolue à d'abord parler d'elle, de sa vie, de ses souffrances encore vives pour mieux ensuite entendre celles de sa camarade:

"-Moi, c'était un peu difficile avec ma famille...disons que j'étais pas vraiment la fille idéale pour ma mère, ni la soeur idéale pour mon petit frère. Je devais souvent m'en occuper, parce que mes parents n'avaient plus l'envie de le faire, parce qu'ils voulaient oublier en sortant qu'il n'était pas normal, qu'il ne le serait sans doute jamais d'ailleurs. Alors je devais rester enfermée avec lui, toute seule, en me coupant du monde des adolescents pour rentrer trop vite dans celui des adultes. J'étais différente, trop différente pour être comprise par les jeunes qui m'entouraient, par mes parents que je ne satisfaisais jamais..."

Elle poussa un soupir à fendre l'âme, restant un instant pensive, de nombreuses disputes lui revenant par bribes en mémoire. Et ces mots qu'elle avait reçu en pleine figure..."J'aurais préféré avoir une autre fille que toi!" Ces mots qui l'avaient définitivement brisée et rompu toute complicité avec sa mère. Puis doucement, avançant d'un pas assuré jusqu'à dépasser sa cadette, elle reprit tout en restant évasive, assez peu cependant pour être incomprise par son auditoire:

"-Quoique je fasse, j'étais entravée par ma mère qui voulait sans cesse que je la seconde, que je joue le rôle de mère qu'elle avait laissé de côté pour "vivre" comme elle disait.  J'étouffais, j'étouffais sans pouvoir me libérer, sans savoir comment y parvenir, à part en tuant mon frère. C'était lui le noeud du problème après tout. Mais je ne pouvais pas m'y résigner, ni me pardonner de penser de telles horreurs."

Tout en avouant cela, elle sentit son visage se crisper en une expression de tristesse et de colère, s'en voulant encore d'avoir été jusqu'à souhaiter la mort de son cadet pour son propre bonheur. C'était égoïste....mais il lui avait fallu un coupable. Et c'était le meilleur coupable qui soit!

"-Et puis....voilà, je suis arrivée ici après avoir manqué de laisser ma peau sous une violente tempête de neige. Voilà, tu sais tout!" Concluant ainsi son récit -quoiqu'elle eut volontairement passé sous silence sa tentative de suicide et son amour malheureux avec Hortense-, la nordique jeta un coup d'oeil à Eva, un petit sourire tracé sur ses lèvres. "Bien sûr, tu n'es pas obligée de me raconter ton passé, je ne suis pas pour l'idée du "oeil pour oeil", j'avais juste envie de t'en parler parce que je t'aime bien...quoique tu penses de moi d'ailleurs."



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Eva Johansen
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Lun 9 Mar 2015 - 1:12

A sa grande surprise, Eva avait fait plus que susciter la curiosité d'Akiko : elle l'avait avivée au point qu'elle commençait à réfléchir d'une façon assez proche de la sienne sur la question... Et commença à l'interroger, elle, en retour. Chose que, sur le moment, Eva prit mal : elle détestait être interrogée aussi ouvertement et de manière aussi inattendue. Après tout, elles ne se connaissaient que très peu, et Eva n'aimait pas vraiment se confier d'une manière générale. Surtout quand elle-même ne connaissait pas l'histoire de l'autre personne. Elle aurait presque grincé des dents si sa vis-à-vis n'avait finalement pas commencé à lui parler de sa propre histoire. Pour écouter, Eva ralentit considérablement la vitesse de ses pas. Ce n'était de toute façon pas très dérangeant de perdre un peu de temps avant la visite médicale : les journées étaient presque toujours belles ici, et les lieux étaient calmes. Elles ne risquaient pas de déranger grand monde, ni de finir par trouver les lieux inconfortables.

Tout en écoutant son histoire, Eva chercha a assembler les pièces de puzzle qu'elle avait déjà avec celles que lui apportaient Akiko. Ainsi, ici aussi il y avait une histoire de famille, une idée de rejet. Il y avait aussi une idée d'un accablement, d'un rejet, voire d'un isolement. Tout cela lui parlait grandement, et concordait pas trop mal avec les histoires qu'elle avait recueillie jusque-là - et avec sa propre histoire. Cependant, il n'échappa absolument pas à Eva qu'Akiko ne lui avait pas tout dit : si elle avait bien détaillé ses relations avec sa famille, elle n'avait absolument pas expliqué pourquoi elle s'était soudainement retrouvée hautement désespérée. Ni pourquoi elle s'était retrouvée en pleine tempête de neige, alors qu'elle aurait vraisemblablement dû savoir qu'elle s'apprêtait à arriver.

Cette présence de cachoteries dans son histoire, en plus de ses propos sur le fait qu'elle l'aimait bien et sa façon de la regarder, elle, donnèrent envie à Eva de tester une de ses théories sur Akiko. Théorie qu'elle pensait de plus en plus solide, et, d'une certaine façon, rendait la situation d'autant plus amusante à ses yeux. Aussi, tout en continuant à marcher doucement à côté d'elle et en souriant, Eva se décida à raconter une partie de sa propre histoire, mais à sa façon.


"Mon histoire est tout de même très différente, même s'il y a quelques points communs... En fait, quand le portail est apparu pour moi, je me rendais à l'enterrement de ma meilleure amie. Oh, rien de bien méchant, c'était simplement une vieille dame dont je m'occupais, mais qui m'avait apporté beaucoup. Et puis comme toi, mes parents ne me supportaient plus. Ils disaient que j'étais une traînée et une sale déviante, des choses de ce genre. Faut dire aussi que je passais beaucoup de temps avec la petite fille de cette vieille dame, et qu'ils trouvaient qu'elle avait mauvaise influence sur moi."

S'arrêtant soudainement au détour d'une petite ruelle un peu en retrait du reste des routes principales de la ville d'une manière étudiée pour plonger un regard songeur directement dans les yeux d'Akiko, Eva finit par ajouter d'une voix abrupt une vérité qu'elle n'avait jusque là jamais dis depuis son arrivée.

"En fait sa petite fille était ma petite amie, et c'est elle qui m'a fait prendre conscience que j'étais à 100% lesbienne. Que j'aime les autres filles, quoi."

Puis, d'une manière à nouveau très étudiée - elle se rappelait encore nettement comment Judith s'y était prise avec elle - Eva s'approcha perceptiblement d'Akiko, levant à nouveau sa main doucement pour toucher une de ses mèches de cheveux. Elle s'approchait tellement près que pour un peu, Eva aurait pu chercher à l'embrasser. Mais au lieu de cela, Eva lui glissa doucement d'une voix sensuelle pleine de curiosité.

"Et toi, Akiko... Aimes-tu les autres filles...?"

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Akiko Strömblad
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MessageSujet: Re: Et lentement, je recommence à respirer [Libre] [Abandonné]   Jeu 12 Mar 2015 - 21:28



J'avais oublié la douce odeur de l'air...

Alors qu'elle avait abandonné tout espoir d'obtenir de sa cadette une confession quant à son passé, Akiko fut bien surprise lorsque cette dernière s'était de nouveau trouvée à sa hauteur, un rictus aux lèvres comme majuscule pour l'histoire qu'elle se mit à lui conter, son histoire. Selon elle, leur deux histoires avaient des différences notables, tout en se recoupant dans certaines similitudes, ce à quoi la rousse ne pu qu'abonder dans son sens une fois le récit écouté: visiblement, le jour où le portail lui était apparu, Eva se rendait à un enterrement, celui de sa meilleure amie, une vieille dame âgée dont elle s'occupait et que le temps avait finalement consumé. Puis elle vint lui raconter la relation houleuse qu'elle entretenait avec ses parents, qui la traitaient de bien des noms pour lui montre le dégoût qu'elle leur inspirait. "Traînée", "déviante"...ces mots n'étaient pas inconnus pour la suédoise qui serra les dents, révoltée que des parents puissent jeter de telles ignominies à la figure d'un enfant.
Puis la rose avoua qu'elle passait le plus clair de son temps avec la petite fille de son amie, qui n'était pas vue d'un très bon oeil par ses parents, trouvant qu'elle avait sur leur fille une mauvaise influence.

Ceci dit, elle s'engouffra dans une petite ruelle perpendiculaire à la rue principale -et de fait moins fréquentée que cette dernière-, suivit de la suédoise qui la regardait avec étonnement, se demandant si il s'agissait bel et bien du chemin vers l'hôpital, avant de déclarer d'une voix abrupte qu'en vérité, cette jeune fille était sa petite amie, celle qui lui avait fait prendre conscience de son homosexualité, précisant au cas où son auditoire n'avait pas compris qu'elle aimait les autres filles. A cette révélation, Akiko la fixa avec surprise, ses grands yeux s'élargissant légèrement quelques secondes avant de réaliser qu'une main venait d'effleurer d'une manière plutôt étudiée une de ses mèches de cheveux -la blanche, en l'occurrence-. Puis reprenant ses esprits, elle remarqua que le visage encore enfantin d'Eva se tenait à quelques centimètres de son propre minois, ses yeux brillant d'une lueur charmeuse et sa voix l'interrogeant d'une voix sensuelle sur sa propre orientation sexuelle.
La rouquine cligna des yeux: pardon?! Elle n'avait pas rêvé?! Visiblement non, c'était bien Eva qui venait de lui demander si oui ou non elle aimait les autres filles. Alors c'était ça, le lien qui unissait toutes les filles vivant à Etiopia, selon elle? Leur orientation sexuelle?! Non, ce serait trop farfelu! Et pourtant....Mais là n'était pas la question.
Fixant dans les yeux sa cadette sans prendre la peine de reculer ou de se dégager de l'emprise de la jeune fille, la nordique lui sourit avant de déclarer d'un ton mystérieux:

"-Qui sait?"

Accentuant son sourire, elle retira calmement la main qui parcourait ses cheveux tressés avant de s'adosser au mur de la ruelle, les yeux rivés vers l'azur du ciel qui se découpait entre les toits des maisons avant d'ajouter d'un ton amusé:

"-Tu crois vraiment que c'est ça qui sert de sélection et qui permet à une fille plus qu'une autre d'accéder à Etiopia? J'avoue que cette hypothèse est tout à fait plausible, ça expliquerait pourquoi cet endroit n'est peuplé que de femmes et que personne ne semble trouver à y redire... Ni ne semble s'en plaindre d'ailleurs. En tout cas, pour répondre à ta question.."

Elle dirigea ses iris saphir vers son auditoire pour ensuite les détourner, le rouge aux joues: décidément, mettre des mots sur son attirance pour les deux sexes lui était encore difficile. Quoi de plus normal après tout?! Elle l'avait réalisé quelques mois avant ce jourd'hui et n'avait pas osé en parler à qui que ce soit, pas même à ses meilleurs amis. Alors à une parfaite inconnue...

"-Je suis attirée et par les femmes et par les hommes. Pour faire court, je suis bisexuelle. Je m'en suis rendue compte comme toi, en tombant amoureuse d'une de mes amies...Mais bon, c'était ma prof d'anglais, elle avait des responsabilité vis à vis de moi et puis surtout, elle était hétérosexuelle..."

Une douleur qu'elle croyait enfouie au plus profond d'elle resurgit soudain dans sa poitrine alors qu'elle évoquait cet épisode, celui là même qui l'avait poussée dans le gouffre du désespoir, et inconsciemment elle porta sa main  jusqu'à son coeur, comme si la simple présence de son poing contre sa cage thoracique pouvait calmer et refermer cette plaie béante. Elle regrettait de lui avoir avoué son amour. Si elle s'était tue, jamais leur amitié n'aurait été piétinée de la sorte, jamais son amie ne l'aurait regardé avec un tel dégoût, ni ne lui aurait craché ces mots maudits au visage. Elle aurait enfoui cet amour au plus profond de son coeur et rien dans sa vie n'aurait changé! Au final, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle même...





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