Deuxième jour à Etiopia, suite. Après avoir fait connaissance au parc d'une jeune fille nommée Zoulika, Nyoko continua sa balade. Ses vieilles habitudes reprenant le dessus, c'est la tête ailleurs, son corps contrôlé par réflexe qu'elle déambulait dans ce nouveau monde totalement étranger. Le bras qui s'était rouvert, suite à l'épisode du parc, n'était toujours pas soigné, et à la limite, la petite brune s'en moquait. Elle ne sentait pas la douleur, soit par question d'habitude, soit à cause du froid qui lui engourdissait son membre.
Toujours la même surprise, la découverte de l'endroit où la musicienne allait reprendre conscience de la réalité. Sous sa vue se tenait une vaste prairie enneigée bordée de quelques arbres et l'on pouvait distinguer au loin une maison paraissant plutôt grande. L'endroit était totalement désert et paisible, l'endroit rêvé pour se poser un moment pour jouer. Elle monta sur un arbre et sortit son harmonica. Elle commença à jouer différents airs puis au bout d'un certain temps, elle sentit la fatigue monter en elle, n'ayant que très peu dormi depuis sa pénible arrivée. Malgré son envie de continuer à profiter de son harmonica, la fatigue prit le dessus, ses yeux se fermèrent et s'endormit.
Noir complet, puis une succession d'images. Des visages flous, des objets, des lieux. Puis des sons. Des bruits de pas, de coups, des cris de colère et de douleur. Tout cela arrivait et s'ajoutait progressivement. Jusqu'au moment où les sensations entremêlées des émotions apparurent. Douleur, peur, haine, colère, violence. L'addition de toutes ces composantes donnaient quelque chose de tellement intense et insoutenable. Cauchemar, souvenir? La conscience de la musicienne se porterait sur un mélange des deux. Et là, alors qu'elle pensait que cela ne pouvait pas être pire, de nouveaux élément s'imbriquèrent encore, à savoir une brise d'air, un bruit sourd et une douleur aigüe qui se répercutant sur tout son corps. Le choc lui fit ouvrir les yeux.
La douleur qu'elle avait ressenti à la fin était toujours là, une forte lumière rendait sa vue trouble, et un froid humide la prenait sur toute la face avant de son corps. Au bout d'un moment, sa vue redevint normal, elle était à plat ventre par terre. Elle se redressa et se tint le front en grimaçant, le temps de quelques instants. La douleur de sa chute s'atténuant un peu, elle put percevoir des bruits à côté d'elle. Son visage redevint aussi décontracté que d'habitude puis, tout en gardant les mains au front, tourna les yeux vers les bruits. Elle vit alors une jeune fille brune appuyée contre un arbre, un livre à la main, la fixant silencieusement.